Les alternatives aux antifoulings traditionnels

Les alternatives aux antifoulings traditionnels

LES ANTIFOULINGS CLASSIQUES

Depuis l’antiquité les marins ont essayé de protéger la coque de leurs bateaux pour limiter la prolifération de micro-organismes et organismes marins. Au début la coque était recouverte de plaques de cuivre ou de plomb, ensuite les marins ont recouvert leur carène d’un mélange de cire et de graisse. Puis, les peintures à base de métaux lourds, type cuivre, arsenic, cadmium ou encore mercure, ont vu le jour. Dans les années 60-70, elles ont été supplantées par les peintures à base d’organoétains, c’est-à-dire contenant le tristement célèbre TBT (Tributylétain). Cette molécule a démontré son efficacité pour tuer les organismes accrochés sur les coques mais également pour provoquer des effets néfastes pour ceux présents dans le milieu marin. Ces peintures ont finalement été interdites car trop toxiques pour le milieu marin.

Le « fouling » est une salissure ou un encrassement d’origine organique, conséquence d’une colonisation naturelle et progressive de la surface immergée d’un bateau par des végétaux et des animaux.

De nos jours, on appose sur les navires une peinture antifouling qui doit être renouvelée tous les ans. Cette peinture a un impact environnemental fort, tant en termes de production de déchets toxiques, qu’en termes de rejets directs dans l’environnement : métaux lourds, hydrocarbures, fongicides, bactéricides, algicides… Au niveau mondial, le marché des antifouling est estimé à plus de 100 000 tonnes dont 20 000 tonnes pour l’Europe, en augmentation de 2% par an. On estime que les navires de plaisance représentent à l’échelle européenne 3000 tonnes de peintures. À l’heure actuelle, peu d’alternatives satisfaisantes existent.

Pour la bonne utilisation d’un bateau, l’usage d’antifouling est incontournable pour plusieurs raisons : en effet si le fouling se développe de façon importante sur la coque d’un navire, on constate rapidement une surconsommation de carburant, une diminution de la manœuvrabilité et une augmentation du poids du bateau. L’entretien et le nettoyage s’en trouvent également plus difficiles à réaliser.

L’entretien des bateaux à terre, limite les problématiques de rejets directement dans l’eau. Cependant, les opérations de carénage engendrent une forte production de déchets toxiques. Outre les diffusions des COV (composés organiques volatiles) dans l’air lors de l’application des produits antifouling, elles nécessitent en effet l’utilisation de nombreux outils (récipients, pinceaux, rouleaux, chiffons, masques et combinaisons de protection…) qui se retrouvent de fait, souillés par ces produits toxiques. Cela produit donc un volume très important qui implique un retraitement via une filière de déchets spécifiques, et donc un coût important.

Parallèlement, les eaux de nettoyage, également contaminées, nécessitent des opérations de retraitement spécifiques

LES SOLUTIONS ALTERNATIVES

Plusieurs techniques « alternatives » se sont développées depuis quelques années. Ces alternatives sont présentées par leurs initiateurs comme plus respectueuses de l’environnement et s’appuient sur des effets mécaniques, chimiques, physiques voire biologiques.

Produits et techniques alternatives :

Peintures antifouling au silicone
Peintures antifouling au cuivre
Peintures à base de cire
Pare fouling adhésif nettoyable à l’éponge
Pare fouling (jupe de silicone installable autour de la coque en dehors des temps de navigation
Brosse mécanique utilisable à flot
Grattage manuel (idéal pour les bateaux en port à sec)
L’efficacité de ces techniques varie, notamment en fonction de la localisation géographique et du mode de stockage du bateau (à flot ou en port à sec). D’une manière générale, les antifouling classiques offrent encore une meilleure efficacité dans le temps. Cependant, les fabricants continuent de faire évoluer leurs produits, et l’urgence environnementale favorise de plus en plus une prise de conscience générale, encourageant plaisanciers et professionnels à se tourner vers ces nouveaux produits et méthodes.


Actus Laure Simon | 20 mai 2021 |
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